“Pixel espion”, de quoi parle-t-on
Sans que vous le sachiez, au moment où vous ouvrez un mail, l’expéditeur reçoit peut-être un ensemble d’informations : date et heure de consultation, type d’appareil utilisé, localisation “approximative” etc.
Outre la mesure du taux d’ouverture, le partage de ces données permet de faire du ciblage comportemental.
Ces dispositifs s’appellent “pixel de suivi”, “une méthode de traçage alternative aux traceurs et témoins de connexion (cookies 🍪), habituellement mise en œuvre sous la forme d’une image réduite (1 pixel par 1 pixel), intégrée dans un site web ou un courriel et invisible pour l’utilisateur” dixit la CNIL*.
😶🌫️ Images invisibles : le flou juridique
Ces dispositifs d’insertion d’images invisibles n’ont pendant longtemps pas été définis.
Pas par oubli, mais en raison d’une difficulté juridique réelle.
L’article 82 de la loi Informatique et Libertés soumettait déjà à consentement préalable « toute action tendant à accéder, par voie de transmission électronique, à des informations stockées dans l’équipement terminal d’un abonné ou d’un utilisateur, ou à inscrire des informations dans cet équipement ».
❓Mais une question demeurait : le chargement d’une image distante constituait-elle une telle opération ?
🧭 Il pouvait être considéré que le pixel est une image téléchargée depuis le serveur hôte. Il n’est ainsi jamais déposé sur le terminal de l’utilisateur, destinataire du message électronique. Pas plus qu’il n’accède à une information déposée sur ce terminal.
🔬Mise au point : ce que dit la CNIL La recommandation adoptée le 14 avril 2026 lève cette ambiguïté. La commission range les pixels de suivi à côté des traceurs et autres cookies. Le raisonnement est clair :
➡️ ce n’est pas la technologie utilisée qui compte,
➡️ mais les effets produits sur les données personnelles. Désormais, le recueil préalable “d’un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque” est obligatoire, au plus tard lors de la collecte du mail, modulo quelques exemptions.
🩻 Rendre visible l’invisible : avis aux acteurs économiques !
🤝 Cette recommandation acte le fait que l’invisibilité d’un dispositif ne décharge pas le responsable de traitement de ses obligations ! Il impose de recueillir un consentement des personnes concernées même pour des traitements indécelables
*Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés



