Il n’est pas toujours facile de choisir une bouteille de vin. Qui n’a jamais acheté une bouteille simplement pour le graphisme de l’étiquette ?
Mais au-delà du marketing, l’étiquette porte en elle de nombreuses informations réglementées comme la mention “Sans sulfite ajouté / Contient des sulfites”. Depuis 2011, elle est obligatoire, le sulfite naturellement présent dans le vin (et parfois ajouté par les vignerons pour ses qualités antiseptiques) étant un allergène.
L’étiquette -complétée par sa contre-étiquette- constitue un vecteur d’identité autant qu’un outil de régulation et remplit à ce titre plusieurs fonctions : informer le consommateur, valoriser le produit, et répondre à des obligations légales -notamment celles de la loi Evin- et réglementaires. Depuis l’entrée en vigueur du règlement européen (UE) 2021/2117 en 2023, de nouvelles exigences encadrent la présentation des informations. Si les mentions traditionnelles restent d’actualité (dénomination, titre alcoométrique, provenance, volume, numéro de lot, allergènes, messages sanitaires…), leur présentation est désormais strictement encadrée. Toutes doivent figurer dans un même champ visuel, avec une taille minimale de police pour garantir une lisibilité immédiate.
S’y ajoutent, depuis décembre 2023, deux nouvelles catégories d’informations :
- Une déclaration nutritionnelle, avec a minima la valeur énergétique (en kJ/kcal) qui doit obligatoirement figurer sur l’étiquette physique ; et
- Une liste complète des ingrédients, qui peut être affichée physiquement ou numériquement via un QR code permettant d’accéder à une “e-étiquette”.
Et l’ensemble de ces informations doit être accessible gratuitement et traduit dans le cadre d’exportations.
Ces nouvelles données éclairent le vin sous un nouveau jour. On y découvre par exemple qu’il peut afficher 78 kcal/100 mL, soit bien plus qu’un soda classique. Surprenants aussi, les ingrédients listés peuvent inclure levures, azote assimilable, voire additifs comme l’argile ou la gomme arabique, témoignant de procédés de vinification plus complexes qu’un simple pressage de raisin.
Cette évolution de l’étiquetage constitue un tournant : le vin, longtemps considéré comme un produit culturel à part, une fierté révélant un terroir, est désormais soumis aux mêmes exigences de transparence que les autres denrées alimentaires. Cette homogénéisation soulève une question : le vin est-il un produit alimentaire comme les autres ? Peut-il être appréhendé à travers une simple grille nutritionnelle ?
Dans le futur, lors des dîners, renoncerons-nous à une bouteille car elle est plus calorique qu’une autre ? Ou continuerons-nous de boire du vin (avec modération, évidemment) en commentant sa robe, son attaque franche, ses notes de cerise… et même sa belle étiquette ?
Car, ne boit-on pas du vin aussi pour le plaisir d’en parler ?